Le journal 18e du mois m'a interviewé, en ma qualité de membre de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS).
Le député souligne également « le comportement regrettable » de certains policiers. Il affirme : « Notre police se sent investi d’une mission sécuritaire, mais oublie qu’elle est aussi garante des libertés. Les policiers sont imprégnés du discours politique actuel, prônant le tout répressif et estimant que la fin justifie les moyens.
Ainsi, la garde à vue explose, elle est banalisée, utilisée pour faire peur, comme une "première peine" et cela contrairement aux règles de procédure pénale. Le menottage, lors d’interpellations, est systématisé (dans 95 % des cas), sous prétexte de sécurité, mais souvent injustifié et portant atteinte à la dignité humaine. Les fouilles à nu sont elles aussi systématisées et elles aussi très souvent injustifiées », ajoute-t-il.
« Chaque fois que ces problèmes ont été portés devant la CNDS (organisme chargé d’enquêter sur les manquements des administrations), celle-ci a toujours confirmé les dérives signalées et conclu ses rapports en préconisant des sanctions », fait-il remarquer.
« La CNDS gêne dans le paysage. Les policiers tentent tout pour la discréditer. Chaque fois qu’elle est saisie et qu’elle entend un témoin, celui-ci est poursuivi pour dénonciation calomnieuse », déclare-t-il encore, s’inquiétant par ailleurs de l’avenir de cette institution.
En effet, un projet de loi doit être soumis prochainement à l’Assemblée, réformant le statut des organismes s’occupant du respect des droits et libertés. Le médiateur, le Défenseur des enfants et la CNDS devraient perdre leur autonomie et être regroupés sous l’autorité d’un "Défenseur des droits". « La commission, qui assure pourtant un travail remarquable et extrêmement utile pour éviter l’arbitraire, est donc menacée de disparition », dénonce-t-il.
18e du mois, édition de Mars 2010
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