Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 15:20

Le processus de désignation de nos candidats aux élections européennes s'est achevé avec la Convention nationale de samedi dernier. On peut se réjouir du rassemblement qui s'est finalement opéré autour des listes présentées par la direction du Parti. A quelques mois des élections européennes il était souhaitable de s'unir pour mener un combat dont l'issue est incertaine.
Mais les difficultés rencontrées tout au long d'un cheminement contesté montrent une  nouvelle fois que la rénovation du fonctionnement du parti socialiste reste un défi à relever. 
Le Parti socialiste ne pourra pas différer ce chantier très longtemps encore, sous peine de perdre la confiance de ses militants et de ses sympathisants.
Deux questions (mais il y en a certainement d'autres) nous paraissent devoir être traitées à la lumière des carences constatées lors du dernier congrès comme lors de la désignation de nos candidats aux élections européennes.

 

La première concerne les élus et l'évaluation de leur travail. L'éviction de Gilles Savary dont l'activité au parlement européen avait pourtant été reconnue a été perçue par beaucoup comme une faute. Ce n'est pas la première fois qu'un élu respecté se retrouve éliminé par une logique de courants (de clans !) aveugle et injuste. On se souvient de l'éviction de René Dosières qui ayant perdu sa désignation à deux ou trois voix dans sa circonscription ne fût pas investi par le Parti (il se présenta finalement en candidat « dissident » et bien qu'exclu du Parti remporta l'élection). Pourtant, René avait durant toute la législature mené un travail salutaire et exemplaire sur le train de vie de l'Elysée, notamment.
Il serait bon qu'une procédure d'évaluation qui pourrait être menée par les groupes parlementaires fasse partie intégrante du processus de désignation. Elle viendrait éclairer la direction et les militants sur la réalité du travail fourni par l'élu et son investissement dans l'assemblée auquel il appartient. Elle serait un puissant moteur pour les parlementaires dont la réélection ne dépendrait pas seulement de leur présence rue de Solférino mais aussi de leur implication dans leur travail d'élu. Elle permettrait de tempérer la brutalité des jeux de courants et serait sans nul doute un bon révélateur de l'inanité du cumul des mandats !

 

L'autre question qui doit être traitée en urgence est celle de l'organisation des votes. La sincérité des votes doit être absolument garantie. Le Parti Socialiste ne peut plus se payer le luxe, comme au dernier congrès, de laisser subsister un doute sur les pratiques de certaines sections ou de certaines fédérations. On n'imagine pas que l'issue des primaires, que nous souhaitons ouvertes, pour désigner notre candidat(e) à l'élection présidentielle soit entachée par des fraudes ! Nous avons noté avec intérêt la création par la direction du parti d'une commission de vérification des votes et nous espérons qu'elle formulera rapidement des propositions. Pour ce qui nous concerne, nous voudrions suggérer qu'une commission indépendante composée de personnalités impartiales (c'est à dire dégagées de tous liens avec les courants du Parti et la direction, ce qui peut inclure des personnalités extérieures au Parti) et reconnues pour leur désintéressement et leur compétence puissent être chargée du contrôle des opérations de vote dans le Parti. Cette commission désignée, sur proposition de la direction, par le Conseil National à une majorité qualifiée des deux tiers, disposerait de moyens spécifiques lui permettant d'exercer ce contrôle. 
Certains pourront considérer que cette proposition est exagérée et qu'elle rappelle le système de contrôle des scrutins dans les démocraties naissantes.

 

Nous pensons, au contraire, que notre Parti n'a rien à perdre à mettre en place des procédures qui garantissent effectivement son fonctionnement démocratique, au delà des sempiternelles proclamations sur le « parti le plus démocratique de France ». Force est de constater que les courants ont échoué à remplir cette missionOn ne peut à la fois être juge et partie. Seule une instance indépendante pourra jouer ce rôle.
On le voit, un chantier important s'ouvre à nous. Le pôle écologique est prêt à s'y investir de manière constructive mais aussi exigeante.

Par Christophe Caresche - Publié dans : Parti socialiste
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