Jeudi 25 novembre 2010 4 25 /11 /Nov /2010 11:50

montjardet Dans un essai devenu une référence, Dominique Monjardet, qui fût un des pionniers de la sociologie policière, s’interrogeait sur « que fait la police ? ». Il montrait les limites d’une institution tournée, pour l’essentiel, vers le maintien de l’ordre public et le service de l’Etat, c’est à dire du pouvoir. Peu insérée dans la société, peu portée à nouer des partenariats, imprégnée d’une culture réactive, la police n’a pas été capable de prendre en charge la montée de la demande citoyenne liée à l’augmentation et au durcissement de la délinquance. C’est dans ce contexte, que la gauche a tenté de mettre en place la police de proximité afin de rapprocher la police du citoyen et de ses préoccupations, sur le modèle des polices dites « communautaires » qui se développèrent avec succès dans des pays comme le Canada ou même les Etats Unis.

Cette expérience fût interrompue avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur qui recentra la police sur ses « fondamentaux », en rassurant, certes, l’institution mais en la figeant dans ses traits les plus conservateurs.

Au moment où la gauche peut espérer revenir au pouvoir, la question de la réforme de la police se pose à nouveau à elle. Comment réussir à mettre la police au service du citoyen et de ses attentes ?

Face à cet enjeu, l’idée qu’il suffirait de reprendre le fil d’une réforme interrompue pour des raisons politiques est fausse. Si Nicolas Sarkozy a pu, avec succès, développer une critique de la police de proximité, c’est parce qu’elle recevait un large écho au sein, même, de l’institution policière. A bien des égards, Nicolas Sarkozy n’a été que le porte-parole des profondes réticences et résistances qui de la base au sommet se sont dressées contre une réforme qui remettait profondément en cause l’institution. Ne pas tirer cette conclusion, c’est s’interdire de bâtir une stratégie de changement efficace et pérenne. C’est se condamner à voir les moyens nouveaux absorbés par le jeu des services et des corporatismes. La gauche doit, donc, réfléchir à une nouvelle approche pour réformer la police.

Il convient, tout d’abord, de reconnaître que la création d’un service de sécurité de proximité passera par la mise en mouvement d’autres acteurs que la police nationale. Dans cette perspective, il faut accompagner et renforcer le développement des polices municipales qui ont vocation à devenir une composante essentielle de la police de proximité. La gauche, attachée à la vision républicaine, a, toujours, éprouvé une certaine réticence à l’égard des polices municipales, condamnant la « shérifisation » de la police. Mais, convenons, que les dérives constatées, aujourd’hui comme hier, dans la relation entre le pouvoir central et la police nationale montrent que la centralisation ne garantie, pas plus, le respect de certains principes. Reconnaissons également que  la police de proximité est par nature une police locale et que, partout où elle a réussi, elle a été mise en œuvre par des polices municipales. N’y a t-il pas une certaine antinomie entre la police de proximité et la police d’Etat, hiérarchisée et centralisée, que nous connaissons dans notre pays ?

Il convient également de rapprocher la police des territoires, notamment de ceux qui sont les plus exposés à la délinquance. Il faut donner à la police une réelle capacité de décisions et d’actions au niveau local et rompre avec un modèle d’organisation pyramidal, peu adapté au traitement de la délinquance. Pour cela, il serait souhaitable de créer une police d’agglomération dans chacune des grandes métropoles françaises. Celle-ci serait dirigée par un chef identifié, responsable, dont le processus de nomination garantirait la neutralité politique.

 

Dans les faits, l’animation de la politique de sécurité reposerait, dans ces agglomérations, sur un trinôme composé du maire de l’agglomération, élu au suffrage universel direct, du chef de la police et du procureur.

C’est la conjugaison des moyens dont disposent ces différentes autorités qui permettra de bâtir une politique de sécurité efficace.

Enfin, il faut instaurer un contrôle réelle des polices, nationale et municipale, et plus généralement des forces de sécurité au regard des règles déontologiques et du respect des droits individuels. Notre pays reste, malgré la création de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), très en retard, dans ce domaine. Le contrôle de la police devrait être confié à une autorité indépendante qui disposerait de son propre corps de contrôle et d’un véritable pouvoir de sanctions disciplinaires. Il serait logique que cette autorité regroupe, également, l’actuel Contrôleur des prisons.

La réforme de la police sera une œuvre de longue haleine. Pour aboutir, ceux qui la conduiront, devront avoir les idées claires et savoir où ils vont.

 

Christophe Caresche

Député de Paris (PS)

Par Christophe Caresche - Publié dans : Parti socialiste
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Commentaires

Monsieur le député de la 18ème circonscription parisienne,

je suis content que vous tiriez les leçons de l'expérience jospinienne de la police de proximité entre 1997 et 2002. Le triptyque que vous proposez me semble convenir aux enjeux de sécurité actuels et au principe de subsidiarité.

Salutations dévouées

 

André Guidi

Commentaire n°1 posté par André Guidi le 29/11/2010 à 20h52

Bienvenue

Vous trouverez sur ce blog des infos sur mon travail parlementaire, des commentaires sur la situation politique et mes actions dans le cadre de la campagne pour les élections législatives des 10 et 17 juin 2012.

Depuis 2008, je me consacre uniquement au travail parlementaire puisque je m’applique le principe du mandat unique, principe souvent défendu au PS.

Connaissez-vous Francis Hollande ?

Après le Monde, Libération, le Parisien, France Info, LCI, Dixhuitinfo.com, Skyrock, la chaine Parlementaire, Europe 1 (le lab), France Soir, la CareschExperience était à l'honneur dans l'édition du Figaro du 28 mai 2012. A suivre !

Ma campagne électorale 2012

Affiche Officielle C Caresche-02          

Ayant l'honneur de vous représenter à l'Assemblée nationale, je sollicite, à nouveau, votre confiance pour les prochaines élections législatives. Avec Myriam El Khomri, ma suppléante, je suis le candidat du PS et du PRG dans la 18e circonscription.                                                                                                        

Ici mes documents de campagne ici : 2e document (diffusé depuis le 22 mai)  1er document (diffusé en février-mars).

 

Agenda

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Jeudi 7 juin, REUNION E-PARTICIPATIVE AU GYMNASE RONSARD.... Soyez acteur de la réunion en participant au choix des questions et au débat sur Facebook.com/careschexperience

 

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