Parti socialiste

Mercredi 21 avril 2010 3 21 /04 /2010 22:21

Tribune paru dans Le Monde, mardi 20 avril 2010

Une gauche "solidaire", selon la formule de Martine Aubry, s'est rassemblée à l'occasion de ce second tour des élections régionales. C'est une excellente nouvelle. Les Français l'ont d'ailleurs bien compris puisqu'ils l'ont plébiscitée dans les urnes. Comment prolonger cet élan pour préparer l'échéance majeure de 2012 ? Cette question est essentielle. C'est, en partie, pour ne pas l'avoir réglée que la gauche et les écologistes ont connu l'échec en 2002 puis en 2007.

La pire des choses serait de considérer qu'il suffira, pour gagner, d'un troc de circonscriptions négocié entre les appareils, le moment venu, en comptant sur le rejet de la droite et de Nicolas Sarkozy. Poser la question de la juste représentation de chacun à l'Assemblée nationale est légitime. Donner le temps aux écologistes de s'organiser pour tenir compte de cette nouvelle donne est logique. Mais le sujet essentiel sur lequel tous les français nous attendent est la capacité de ce nouveau rassemblement des socialistes, des écologistes et du Front de gauche à définir un véritable contrat de gouvernement, avec des propositions précises et convaincantes. Pour y parvenir, nous proposons une nouvelle méthode.

L'important est d'aborder rapidement les problèmes de fond, qui, au moins en apparence, sont le plus susceptibles de fâcher. La gauche doit engager un débat sur les grandes questions qui se posent au pays, mais qui parfois aussi la divisent. La facilité serait d'attendre le dernier moment pour en discuter, dans les pires conditions.

Quatre questions, parmi d'autres, méritent d'être traitées. D'abord la conception du modèle économique que nous souhaitons. Les approches de la croissance sont certes différentes, mais nul ne nie plus aujourd'hui la nécessité d'une transition écologique conduisant à un modèle de développement plus sobre. Sur cette base, il faudra déterminer ce qui fait précisément débat, par exemple l'évolution de certaines activités, comme l'industrie automobile.

Ensuite la question énergétique, et en particulier la place du nucléaire. Dans ce domaine également, au-delà des positions de principe, des propositions dépassant les clivages existants peuvent être mises sur la table. Il s'agirait, par exemple, de donner la priorité aux économies d'énergie et aux énergies renouvelables, en admettant que le choix économiquement et écologiquement contestable du tout nucléaire ne pourra évoluer que progressivement, en prenant en compte l'existant.

La réforme de la fiscalité doit, elle aussi, être mise en discussion. Pour assurer la transition écologique, mais aussi pour faire face aux déficits qui pèsent sur les générations futures, une profonde réforme de la fiscalité est nécessaire. Cette occasion doit être saisie pour penser ensemble la question écologique et la question sociale. Notre système fiscal doit permettre à la fois de réduire fortement les inégalités et d'encourager la mutation écologique de l'économie et de la société. C'est pour ne pas l'avoir compris que le gouvernement a été contraint de retirer son projet de taxe carbone.

La réforme des retraites est enfin particulièrement d'actualité. Face au gouvernement, il est souhaitable que toutes les forces de la gauche solidaire se retrouvent sur quelques idées simples et alternatives : pérennité du système de répartition ; nouveaux financements, notamment contribution plus importante des revenus financiers ; prise en compte véritable de la pénibilité et de l'espérance de vie.

Ces questions ne doivent pas être discutées en vase clos, mais au contraire susciter un vaste débat démocratique avec tous ceux qui se reconnaissent dans la gauche et les écologistes. La préparation du contrat de gouvernement, comme l'a été en son temps la "fabrique", en Italie, doit être l'occasion de mettre en œuvre de nouvelles formes démocratiques, qu'on les appelle participatives ou citoyennes.
Le Parti socialiste a décidé d'organiser en mai une convention nationale sur le nouveau modèle de développement. Cette réunion ne saurait en aucun cas constituer un aboutissement. Elle doit être au contraire le point de départ d'une discussion commune avec l'ensemble des partenaires du Parti socialiste. C'est la condition pour que le contrat de gouvernement puisse se fonder sur des bases solides. Alors seulement pourra être négocié le choix du dispositif présidentiel et législatif qui permettra la victoire de la gauche solidaire en 2012.

Christophe Caresche est député de Paris ; Géraud Guibert est porte-parole du pôle écologique ; Philippe Plisson linkest député de Gironde

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Jeudi 11 février 2010 4 11 /02 /2010 23:29

régionales 2010

Europe Ecologie est "légitime" à revendiquer "la première place" sur une liste commune avec le Parti socialiste en Languedoc-Roussillon au premier tour des régionales de mars, estime le député socialiste de Paris Christophe Caresche un entretien au "Parisien"/"Aujourd'hui en France" daté de vendredi.

"Les Verts ont acquis une légitimité contre (le président sortant Georges) Frêche qui les autorise à revendiquer la première place", affirme-t-il, réagissant à l'échec mercredi des négociations entre la maire PS de Montpellier Hélène Mandroux, investie par son parti pour contrer Georges Frêche, et la tête de liste Europe Ecologie Jean-Louis Roumégas.

M. Caresche qualifie cette situation de blocage de "catastrophique" et avertit que la désunion de la gauche offre à George Frêche "la quasi certitude de la victoire". Selon lui, un accord avec les écologistes est "vital" pour battre le président de région exclu du PS en 2007. "Il n'y a (...) pas vraiment le choix".

A défaut d'accord avec Europe Ecologie, la maire de Montpellier devra trouver 77 candidats dans les cinq départements de sa région, d'ici le 15 février, date limite de dépôt des listes pour le premier tour le 14 mars.

"Cette affaire crispe nos relations avec Europe Ecologie", déplore le député, inquiet quant aux éventuels accords que le PS aurait à passer avec Europe Ecologie entre les deux tours de scrutin. "Des candidats socialistes envisagent dans certaines régions de ne pas conclure d'accord au second tour", affirme-t-il, ajoutant que les contentieux locaux se multiplient.

Europe Ecologie avait proposé à Mme Mandroux la tête de liste départementale dans l'Hérault, mais refusait de lui céder la place de N°1 dans la région, réclamée par le PS.

Georges Frêche, qui se présente à la tête d'une liste étiquetée "divers gauche", bénéficie d'un large soutien de la part de toutes les fédérations socialistes locales du Languedoc-Roussillon mais les socialistes inscrits sur sa liste sont menacés d'exclusion du parti. Pour Christophe Caresche, c'est logique: "le PS a décidé de reconstruire une alternative de gauche dans cette région. Il n'y a donc pas vraiment le choix". AP

Paru sur le site du nouvelobs.com 

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Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /2010 13:19

La proposition de Daniel Cohn-Bendit d'un accord entre Europe écologie et le Parti socialiste dans la perspective des élections présidentielles et législatives de 2012 est une bonne nouvelle pour la gauche et ses électeurs. Cet accord peut, en effet, donner à la gauche la dynamique indispensable pour gagner en 2012 sur un projet social-écologique.

 Pour la première fois, un responsable écologiste propose la constitution d'une coalition de gouvernement qui engloberait à la fois les élections présidentielle et législatives. Cette approche est la seule qui peut permettre à la gauche de relever le défis de la présidentialisation des institutions.

La main tendue de Daniel Cohn-Bendit, à travers une proposition ambitieuse mais réaliste, doit être saisie par le Parti socialiste. Dès l'issue des élections régionales, le Parti socialiste devra intégrer cette perspective dans la construction de son projet et de sa stratégie pour 2012.

Les déclarations de Daniel Cohn-Bendit sur France Info. 

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Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /2009 11:41
Par EMERIC BRÉHIER premier secrétaire fédéral, Besoin de gauche, JEAN-PIERRE MIGNARD président de Désir d’avenir, ARNAUD MONTEBOURG secrétaire national du PS à la rénovation., CHRISTOPHE CARESCHE député, Pôle écologique, OLIVIER FERRAND président de Terra NovaPublié dans Libération du 21 juillet 2009

Nous venons de remettre un rapport à Martine Aubry pour des «primaires ouvertes et populaires de toute la gauche». Le débat est lancé. Nous voudrions répondre aux interrogations et critiques qui se font jour. La primaire, alpha et oméga de la rénovation de la gauche ? Certes pas. L’essentiel, c’est de proposer un projet d’avenir aux Français. Mais il n’est pas interdit de se demander pourquoi nous en avons été incapables jusqu’ici. 2002 - 2009 : sept ans de malheur, beaucoup de vaisselle brisée, mais pas de projet socialiste… Notre conviction, c’est que la crise actuelle de la gauche française est avant tout une crise de leadership. La succession de Lionel Jospin n’est toujours pas assurée. Contrairement à la droite, aucun leader «naturel» ne s’est imposé. Nous avons des candidats au leadership, mais les institutions actuelles du Parti socialiste ne permettent pas de choisir entre les compétiteurs. C’est une situation unique : tous les autres partis de gouvernement au monde ont des procédures qui leur permettent de désigner un leader «légal». Pas le Parti socialiste. Face à cette réalité, il y a l’option habituelle : ne rien faire. Les conséquences, nous les connaissons, nous les avons déjà vécues dans la période précédente : une primaire sauvage et permanente.La bataille des egos n’est pas liée à la primaire, mais au contraire à l’absence de procédure de régulation qui exaspère la compétition au lieu de favoriser les convergences indispensables. Elle paralyse toutes les fonctions du parti, et notamment le projet. Et à la fin de la séquence, comme il faut bien se choisir un candidat, on négocie à chaud les règles de la primaire, dans la précipitation et le rapport de forces des intérêts personnels des candidats. Résultat : la primaire de 2006, verrouillée, trop tardive, trop aseptisée, et oublieuse d’une procédure de rassemblement autour du vainqueur. On ne doit pas se résigner à ce statu quo perdant. Tel a été notre objectif : élaborer des règles de désignation du candidat à la présidentielle qui nous donnent les meilleures chances de gagner. En voici les grands principes :1. Une primaire ouverte aux sympathisants. L’idée est que la dynamique - électorale, militante, démocratique - offerte par quatre millions de votants, comme lors de la primaire italienne pour Romano Prodi en 2004, est infiniment supérieure à celle conférée par les 150 000 militants socialistes qui ont investi Ségolène Royal en 2006.2. Une primaire proposée aux partis progressistes qui le souhaitent. L’objectif est de remédier à la fragmentation du camp progressiste et d’éviter le risque de dévisser au premier tour, comme en 2002. C’est quand même bien le moins que de se tourner vers nos alliés. Ils choisiront mais nous aurons fait notre devoir.3. Une primaire organisant une vraie compétition. L’idée est de choisir «le ou la meilleur(e)», c’est-à-dire celui ou celle qui a le plus de chances de gagner la présidentielle.4. Un accès élargi à toutes les candidatures légitimes. En 2006, un Barack Obama français n’aurait pas pu émerger - il n’aurait même pas pu concourir. Le processus peut toujours être allégé, mais l’objectif demeure.5. Un dispositif de clôture, centré autour d’un congrès extraordinaire de désignation, garantissant le rassemblement autour du vainqueur. Mais il faut le faire dès maintenant. C’est une nécessité pour la qualité de la primaire. La codification doit se faire à froid, tant que le voile d’ignorance existe sur les intérêts personnels des candidats potentiels. Elle doit se faire à temps : faire voter quatre millions de personnes, sans l’aide de l’appareil d’Etat, ce n’est pas une mince affaire et cela nécessite une longue préparation technique et le maximum de loyauté déontologique si l’on veut un succès. C’est aussi une nécessité pour le projet. La codification de la primaire permet d’externaliser les enjeux de personne dans une procédure régulée et calée dans le temps (2011). Elle «libère» ainsi la réflexion de fond. Cette réflexion doit rester libre, créatrice, ouverte. Le patrimoine collectif dans lequel les candidats viennent puiser. Et il reviendra à la primaire de trancher, non pas simplement entre les personnalités dans le cadre d’un «concours de beauté», mais aussi entre leurs options politiques.Ces principes - et les propositions techniques qui les déclinent - sont des propositions. Elles ne sont pas à prendre ou à laisser en bloc. Elles sont versées au débat. Il revient à la direction du PS de les trancher et de les porter devant tous les adhérents. Faisons-le maintenant et passons rapidement au projet

Pour échanger et débattre sur les primaires et plus largement sur la rénovation du Parti, rendez-vous à Jarnac le jeudi 27 août pour la journée consacrée au bilan et aux perspectives de la rénovation du Parti socialiste.

Pour en savoir plus sur les primaires, lisez le rapport « POUR DES PRIMAIRES OUVERTES ET POPULAIRES » disponible sur le blog de la rénovation : http://renovation.parti-socialiste.fr
Par Christophe Caresche - Publié dans : Parti socialiste
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Mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /2009 12:38
Tribune parue dans Les Echos le 10 juin 2008

Le congrès socialiste débouchera sur l'élection d'un ou d'une premier secrétaire mais ne saurait se résumer à cela. Les vrais débats de fond doivent être traités. La nouvelle direction du parti devra fonder son action sur la redéfinition d'un projet crédible, en phase avec les enjeux des temps présents. Nous avons trop souffert ces dernières années d'esquives, d'approximations, d'obscurités, voire parfois de double langage sur les questions essentielles de l'avenir, comme les modalités de régulation économique, la prise en compte du vieillissement, les moyens de donner corps à l'égalité réelle, la construction d'un nouveau modèle de développement ou encore les outils de lutte contre les discriminations.

L'enjeu de l'urgence sociale, qui est le combat de la gauche, s'inscrit dans un contexte très nouveau. La triple crise alimentaire, énergétique et climatique que nous vivons ne fait que commencer. Elle est le fruit de l'incapacité de notre modèle de développement à se reproduire de manière durable, en évitant la surexploitation des ressources naturelles non renouvelables. Elle menace les fondements même de l'équilibre de nos sociétés en remettant en cause la nature même du progrès. Elle porte des risques majeurs pour la cohésion sociale et pour l'avenir, les plus pauvres étant les premières victimes. Les deux défis de l'urgence sociale et écologique doivent ainsi constituer conjointement la nouvelle frontière de l'action d'une gauche moderne.

C'est dans ce contexte que le Parti socialiste a décidé que la première étape de son processus de rénovation sera consacrée à la réécriture de sa déclaration de principes. Nous prenons cet exercice très au sérieux, que le seul travail d'une poignée de dirigeants, aussi éminents soient-ils, ne peut suffire à finaliser. Nous avons d'ores et déjà pris plusieurs initiatives pour qu'il soit pleinement discuté par les adhérents du PS.

Les médias ont à juste titre souligné que le projet actuel de déclaration de principes avait le mérite de reconnaître le réel, c'est-à-dire la conception réformiste qui doit être celle du Parti socialiste. Mais cette approche doit se fonder sur des bases claires, adaptées aux nouveaux défis de notre époque. Le texte actuel présente de ce point de vue des avancées, puisqu'il admet que la protection de la planète est un enjeu en tant que tel. Mais il n'est pas dépourvu d'ambiguïtés qui nuisent au nouveau message dont il se veut porteur. Celles-ci ne sont hélas pas nouvelles et reflètent les incertitudes programmatiques actuelles d'une gauche qui a trop souvent pris l'habitude du langage à géométrie variable, par exemple en matière de fiscalité pétrolière ou de politique énergétique.

C'est pourquoi les militants, responsables et élus socialistes regroupés dans le pôle écologique du PS ont décidé de proposer à la discussion des amendements sur trois points principaux, dont on mesure aujourd'hui l'actualité profonde à la lumière du débat sur les OGM ou la mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement.

Le premier consiste non seulement à reconnaître mais aussi à défendre la validité et la portée du principe de précaution. Si les sciences et les techniques ouvrent de nouveaux espaces de liberté et de créativité, elles peuvent aussi détruire ou pervertir toute forme de vie. Aussi, dans une optique de précaution, il faut agir pour que les innovations scientifiques et techniques issues de toutes les sciences, les sciences dites « dures » comme les sciences sociales, bénéficient à tous les hommes et toutes les femmes, aux générations présentes comme aux générations futures, et contribuent à préserver la pérennité de toutes les formes de vie sur Terre.

Le deuxième est d'admettre explicitement l'ampleur et la portée de la crise écologique et des menaces que font peser le changement climatique et les atteintes majeures à la biodiversité, termes qui ne figurent pas dans le texte actuel de la déclaration de principes. Qu'on le veuille ou non, ces préoccupations doivent être au coeur d'une politique économique et sociale de gauche, sous peine de s'interdire de construire un avenir soutenable.

Le troisième est de fixer clairement comme objectif non la décroissance, qui générerait davantage d'inégalités et de pauvreté, mais un autre modèle de développement. Celui-ci doit comporter un impératif de diminution du prélèvement sur les ressources naturelles, en le conjuguant avec une répartition plus égalitaire des richesses produites. Cette priorité ne sera pas facile à mettre en oeuvre, mais elle est indispensable si on ne veut pas demain connaître une crise encore plus profonde que celle d'aujourd'hui, dont les plus démunis seraient évidemment les premières victimes. La croissance ne peut qu'être placée sous la double conditionnalité de l'impératif écologique et de la cohésion sociale.

Ces propositions d'amendements ont d'ores et déjà une forte résonance dans les sections et les fédérations du parti. « Gouverner, c'est choisir », écrivait Pierre Mendès France. Encore faut-il que ce choix s'effectue en toute connaissance de cause et après un vrai débat. La discussion de la nouvelle déclaration de principes doit en être la première occasion.

NICOLE BRICQ est sénatrice (PS) de Seine-et-Marne CHRISTOPHE CARESCHE est député (PS) de Paris GÉRAUD GUIBERT est responsable national du PS

Par Christophe Caresche - Publié dans : Parti socialiste
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Jeudi 11 juin 2009 4 11 /06 /2009 15:08

Le message des électeurs a été ce dimanche  très net : les enjeux de la planète sont au premier plan de leurs préoccupations. Pour le parti socialiste, l'enjeu, à l'issue des élections européennes est désormais clair : se transformer radicalement, ou mourir à petit feu face à la concurrence de ses multiples alliés potentiels, concurrence exacerbée par les résultats, en laissant N. Sarkozy préparer tranquillement sa réélection en 2012.

La faible participation, en particulier de l'électorat populaire, ne doit pas masquer l'essentiel : le parti socialiste n'incarne plus aujourd'hui une alternative crédible, alors que la double crise économique et écologique aurait dû lui permettre de retrouver une nouvelle audience. Une bonne partie de l'électorat traditionnel socialiste s'est reportée sur les listes d'Europe écologie.

Cet électrochoc peut être utile si des décisions sont prises à la hauteur de la crise que traverse le Parti socialiste. Nul besoin pour cela d'une énième révolution de palais qui ne changerait rien. C'est un nouveau Parti socialiste qu'il faut construire. Pour cela, nous suggérons trois pistes.

D'abord, moderniser sa ligne politique en mettant enfin au centre de son action la double préoccupation sociale et écologique, plutôt que de faire dépendre l'une de l'autre. C'est cette orientation qui avait été proposée au moment du congrès de Reims par le pôle écologique. Le Parti socialiste ne doit plus concevoir la question écologique sous l'angle environnemental donc subsidiaire. Il doit la placer au centre de son nouveau projet de société.

Le temps des conventions thématiques est venu. Ouvertes largement à la société, irriguant le PS du bas vers le haut et transversalement, elles sont une ardente nécessité. La première d'entre elle sera consacrée au nouveau modèle de développement qui sera le cœur du projet de la gauche. Il n'est plus acceptable de laisser à la droite l'initiative comme sur le Grenelle de l'environnement et ses plus modestes successeurs, alors que nous faisons de la démocratie participative l'un des leviers de la reconstruction du lien citoyen. De même il n'est plus acceptable de laisser la droite seule à l'initiative sur la fiscalité écologique, sur les nouveaux indicateurs de richesse et la remise en cause du PIB ... nous devons avoir le courage de poser la question : comment assurer la prospérité du plus grand nombre en rompant avec le productivisme et une conception mortifère de la croissance ?

Ensuite, organiser, dès la rentrée prochaine, des états généraux de la gauche, avec tous les adhérents, sympathisants, citoyens qui souhaitent travailler à la définition d'une alternative sur le fond à la politique de N. Sarkozy. Le nouveau parti socialiste doit s'ouvrir largement à toutes les couches de la société, et cesser de traiter les problèmes sans les trancher. Ce que nous devons d'abord construire c'est un nouvel espace de délibération et de décision concertée.

Enfin, concevoir une procédure associant largement les citoyens de gauche pour désigner le candidat de la gauche à l'élection présidentielle, et l'organiser dans les douze mois qui viennent. L'expérience nous montre que refuser d'affronter la question du leadership suffisamment à l'avance, c'est la certitude de l'échec en 2012.

Rien n'est perdu. Mais il faut bouger, et bouger vite. C'est ce que nous attendons de la direction du parti socialiste.

 

Christophe CARESCHE, député de Paris

Géraud GUIBERT, porte parole du pôle écologique du PS

Eric LOISELET, Secrétaire national adjoint du PS

Arnaud MONTEBOURG, député de Saône et Loire

Philippe PLISSON, député de Gironde

Philippe TOURTELIER, député d'Ile-et-Villaine

Par Christophe Caresche - Publié dans : Parti socialiste
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