Après les primaires les discussions entre le Parti socialiste et Europe écologie-les Verts, qui paraissaient en bonne voie, semblent se tendre. Eva Joly, qui s’est envolée pour le Japon et Fukushima, a redit qu’elle faisait de la sortie du nucléaire une condition d’un accord avec le Parti socialiste. De leurs cotés, les proches de François Hollande ont indiqué qu’il n’était pas question d’accepter une négociation à n’importe quel prix. Dans ce contexte, peut-on redouter un blocage dans les discussions entre les deux formations ? Ce serait regrettable car sur le fond, les points de vue sont plus proches qu’il n’y paraît.
Au-delà des mots, la position exprimée par François Hollande sur le nucléaire peut permettre, en effet, un accord avec les écologistes. Certes, François Hollande ne s’est pas engagé, comme Martine Aubry, sur une sortie du nucléaire, et il ne le fera manifestement pas. Mais il a clairement affirmé une position compatible avec une sortie du nucléaire. Il a, en effet, proposé, dans le débat des primaires, de passer de 75% d’électricité d’origine nucléaire à 50% à l’horizon 2025. C’est à dire d’accomplir le même effort que l’Allemagne s’est engagée à faire pour son propre compte.
Cette proposition est très ambitieuse. Elle représente un rythme de décroissance de la part du nucléaire dans le mixte énergétique très soutenu. Elle suppose une montée en puissance des énergies renouvelables ; solaire, éolien, biomasse… sans précédent dans notre pays. Il est probable que même en fixant un objectif explicite de sortie du nucléaire, il ne soit pas possible de faire beaucoup mieux dans la direction d’un désengagement du nucléaire, durant cette période. La proposition de François Hollande peut donc être vue comme une première étape, très significative, vers une sortie du nucléaire. Certes, il conviendra de négocier à nouveau le but ultime. Mais celui-ci sera d’autant plus facile à atteindre que le désengagement aura commencé avec succès. Il me semble que les écologistes auraient tort de s’enfermer dans ce qui pourrait apparaître comme une querelle de mots, même si je connais le poids des symboles en politique.
La proposition de François Hollande représente un premier compromis qui conforte leur position.


Samedi 9 avril 2011,
PARIS - Le député PS Christophe Caresche a réclamé jeudi l'audition à l'Assemblée nationale d'une délégation des
400 chercheurs signataires de la pétition contre les thèses de l'ancien ministre Claude Allègre sur le réchauffement climatique.
Des députés et dirigeants du PS, des Verts et d'Europe écologie se sont réunis pour publier un texte
à propos de la taxe carbone

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