Ecologie

Jeudi 20 octobre 2011 4 20 /10 /Oct /2011 12:07

Après les primaires les discussions entre le Parti socialiste et Europe écologie-les Verts, qui paraissaient en bonne voie, semblent se tendre. Eva Joly, qui s’est envolée pour le Japon et Fukushima, a redit qu’elle faisait de la sortie du nucléaire une condition d’un accord avec le Parti socialiste. De leurs cotés, les proches de François Hollande ont indiqué qu’il n’était pas question d’accepter une négociation à n’importe quel prix. Dans ce contexte, peut-on redouter un blocage dans les discussions entre les deux formations ? Ce serait regrettable car sur le fond, les points de vue sont plus proches qu’il n’y paraît.

Au-delà des mots, la position exprimée par François Hollande sur le nucléaire peut permettre, en effet, un accord avec les écologistes. Certes, François Hollande ne s’est pas engagé, comme Martine Aubry, sur une sortie du nucléaire, et il ne le fera manifestement pas. Mais il a clairement affirmé une position compatible avec une sortie du nucléaire. Il a, en effet, proposé, dans le débat des primaires, de passer de 75% d’électricité d’origine nucléaire à 50% à l’horizon 2025. C’est à dire d’accomplir le même effort que l’Allemagne s’est engagée à faire pour son propre compte.

Cette proposition est très ambitieuse. Elle représente un rythme de décroissance de la part du nucléaire dans le mixte énergétique très soutenu. Elle suppose une montée en puissance des énergies renouvelables ; solaire, éolien, biomasse… sans précédent dans notre pays. Il est probable que même en fixant un objectif explicite de sortie du nucléaire, il ne soit pas possible de faire beaucoup mieux dans la direction d’un désengagement du nucléaire, durant cette période. La proposition de François Hollande peut donc être vue comme une première étape, très significative, vers une sortie du nucléaire. Certes, il conviendra de négocier à nouveau le but ultime. Mais celui-ci sera d’autant plus facile à atteindre que le désengagement aura commencé avec succès. Il me semble que les écologistes auraient tort de s’enfermer dans ce qui pourrait apparaître comme une querelle de mots, même si je connais le poids des symboles en politique.

La proposition de François Hollande représente un premier compromis qui conforte leur position.

Par Christophe Caresche - Publié dans : Ecologie
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Jeudi 21 avril 2011 4 21 /04 /Avr /2011 10:43

poleecolo

 

Le pôle écologique du Parti socialiste a le plaisir de vous inviter à une table ronde sur 

Sortir du nucléaire et de la dépendance aux énergies fossiles,

quelles alternatives à partir de 2012 ?

  

Le mardi 3 mai 2011 à 19h00 à l'Assemblée Nationale, salle 62-17, 126 rue de l’université 75007 Paris.

 

 

 

Les intervenants : 

Bertrand Barré, professeur à l'Institut National des Sciences et Techniques Nucléaires ; 
Jean-Paul Chanteguetdéputé de l’Indre, vice-président du groupe socialiste chargé du développement durable ;
Renaud Crassouséconomiste à la direction de la prospective d’EDF, membre du conseil économique du développement durable ;
Bernard Laponche, physicien nucléaire, expert en énergie ;
Thierry Salomonénergéticien, président de l’association Négawatt.

 

Débat animé par Géraud Guibert, co-fondateur et animateur du pôle écologique du PS.
 

Accès libre, places limitées :

Pour des raisons de sécurité, l’Assemblée nationale demande une inscription préalable. Merci de vous inscrire par mail en précisant vos prénom et nom. N’oubliez pas de vous munir d’une pièce d’identité pour entrer à l’Assemblée nationale.
 

Inscription obligatoire avant le 1er mai :

contactpoleecologique@gmail.com

Par Christophe Caresche - Publié dans : Ecologie
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Mercredi 13 avril 2011 3 13 /04 /Avr /2011 17:10

Au terme d'un discours habile et subtile, digne du politicien le plus chevronné, Nicolas Hulot vient d'annoncer sa candidature à l'élection présidentielle.

Sur le fond, le désormais candidat, a tenu un propos très marqué par l'exigence sociale. C'est un double défi que propose de relever Nicolas Hulot; celui de l'écologie et celui des inégalités, l'un n'allant pas sans l'autre. S'en suit une dénonciation claire du productivisme mais aussi de l'ultra-libéralisme. Ce tournant « social » qui était déjà présent dans « Le syndrome du Titanic » est aujourd'hui pleinement assumé, notamment par rapport au « pacte écologique » de 2007 qui ignorait cette dimension. 

Reste à savoir comment concilier concrètement ces deux exigences, par exemple, sur la taxe carbone. Le projet de taxe carbone directement inspiré par le Pacte écologique et finalement censuré par le Conseil Constitutionnel, a montré que cette conciliation est loin d'être évidente. On attend, donc, la déclinaison précise de cette orientation « social - écologique ». 

Sur le plan politique, Nicolas Hulot a nettement exclu toute perspective d'alliance avec le pouvoir actuel, c'est à dire Nicolas Sarkozy, dont l'état, il est vrai, n'inspire pas la confiance! Mais c'est pour mieux récuser tout désistement « automatique » à gauche. Ce qui signifie qu'une option centriste reste très clairement ouverte pour Nicolas Hulot. Ceux qui attendaient, dans leur grande naïveté ou leur grande hypocrisie, un engagement en faveur du candidat de gauche au deuxième tour de l'élection présidentielle en seront pour leurs frais ! Nul doute que cette ambiguïté alimentera la compétition interne qui s'annonce entre Nicolas Hulot et Eva Joly. 

J'en tire, pour ce qui me concerne, une conclusion : il faut que le Parti socialiste accélère et approfondisse sa conversion écologique. Il ne peut pas s'en remettre à une alliance, certes souhaitable, mais hypothétique, avec les écologistes, pour représenter cette sensibilité. Il faut que lui-même et son candidat, prennent en charge, à bras le corps, cette question. C'est ce que nous disons avec le pôle écologique depuis des années, dans une relative indifférence, il est vrai. La position du Parti socialiste sur la question du nucléaire qui a évolué positivement, ces derniers temps, comme celle de Nicolas Hulot d'ailleurs, montre que cette évolution est possible.  

En voulant placer le Parti socialiste au pied du mur, Nicolas Hulot lui rend, peut être, un grand service !  

Par Christophe Caresche - Publié dans : Ecologie
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Jeudi 7 avril 2011 4 07 /04 /Avr /2011 22:16

Voici la tribune qui sera publiée sur le site du monde.fr vendredi et que je co-signe avec Jean-Paul Chanteguet, député socialiste de l'Indre, Géraud Guibert, animateur du Pôle écologique du Parti socialiste, Aurélie Filipetti, député socialiste de Moselle.

 

La catastrophe nucléaire de Fukushima marque la fin d'une époque pour l'industrie nucléaire. Au moment où celle ci connaissait une certaine résurgence dans le monde, cette catastrophe, dont les conséquences ne sont pas encore totalement connues, va contrarier son développement. Partout, les peuples s'interrogent sur l'impact démesuré d'un accident nucléaire dont la survenue affecterait durablement un pays, une région voire l'ensemble de la planète. Le risque nucléaire n'est pas, à l'évidence, un risque comme les autres. Par son étendue et sa durabilité, il n'est pas comparable aux autres risques industriels. Il sera désormais très difficile de vendre des centrales nucléaires au moins dans les pays démocratiques, sinon au prix d'une élévation telle des normes de sécurité qu'elles rendent peu compétitive cette énergie. Restent les dictatures...

La France doit lucidement dresser ce constat. C'est douloureux pour un pays qui a fait du nucléaire un objet de fierté nationale, forgé autour d'un consensus politique fort entre la droite et la gauche à partir des années 80. Mais, c'est une nécessité si on veut préparer l'avenir et réorienter notre politique énergétique. Rien ne serait pire que de persévérer dans une voie sans issue qui isolerait la France en Europe et dans le monde.

A cela, certains répondent qu'il n'y a pas aujourd'hui de véritable alternative au nucléaire sinon les énergies fossiles. Ce sont souvent les mêmes qui depuis des années s'emploient à encourager la consommation d'électricité et à entraver le développement des énergies renouvelables.

Les alternatives existent. D'abord par la réduction de notre consommation d'énergie dont le potentiel est considérable. Ensuite, par le développement des énergies renouvelables; solaire, éolien, biomasse, qui commencent à prendre une part significative de la production énergétique dans de nombreux pays, sauf dans le nôtre qui, malheureusement, reste à la traîne. Le choix du nucléaire c'est aussi le non choix de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables.

De ce point de vue, « sortir du nucléaire » est une condition de la réorientation de nos priorités et de nos investissements. Personne, à quelques exceptions, ne considère que la sortie du nucléaire est possible dès demain, mais il serait illusoire de penser que l'inversion de notre mix énergétique se fera sans que ce cap ne soit fixé. La panne du « Grenelle de l'environnement » dans le domaine des énergies renouvelables en témoigne.

Le Parti socialiste qui aspire à exercer le pouvoir est confronté à ce choix. Son intérêt est de mener ce débat jusqu'au bout en son sein. Ne pas le faire aujourd'hui serait maintenir une ambiguïté qui fragilisera son candidat durant la campagne présidentielle. Nous l'appelons à clarifier sa position et  à préparer la sortie du nucléaire  

Par Christophe Caresche - Publié dans : Ecologie
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Jeudi 7 avril 2011 4 07 /04 /Avr /2011 15:33

 67698-nucleaire-radiation.pngSamedi 9 avril 2011, le projet présidentiel du Parti Socialiste doit être avalisé par le conseil national du PS. A cette occasion, avec plusieurs de mes collègues socialistes, nous présenterons des amendements proposant la sortie du nucléaire. Nous nous inspirons là de ce qu’a dit Martine Aubry sur France Inter le 28 mars dernier en réponse à un auditeur qui lui demandait son avis sur la sortie du nucléaire.

 

Amendement n°6 page 16 dernier paragraphe du projet

Texte initial Pour sortir de la dépendance du nucléaire ou du pétrole, nous développerons massivement les économies d’énergie et les énergies renouvelables et nous proposerons à nos partenaires la mise en place d’une Communauté européenne des Energies.

Texte modifié: Pour préparer la sortie du nucléaire et de notre dépendance aux énergies fossiles, nous développerons massivement les économies d’énergie et les énergies renouvelables et nous proposerons à nos partenaires la mise en place d’une Communauté européenne des Energies. 

Amendement n°7 page 16 dernier paragraphe

 Texte initial : Notre filière nucléaire, la plus performante de la planète, devra être réorientée progressivement en parallèle avec la sécurisation des installations en France et à l’international, la recherche sur l’enfouissement et le retraitement des déchets, ainsi que la montée en puissance des filiales dédiées aux énergies nouvelles.

Texte modifié : Notre filière nucléaire devra être réorientée progressivement en parallèle avec la sécurisation des installations en France et à l’international, la recherche sur le stockage des déchets et le démantèlement des centrales, ainsi que la montée en puissance des filiales dédiées aux énergies nouvelles.

 Amendement n°8 page 16 dernier paragraphe

 Texte initial : Un débat national sur la transition énergétique sera engagé dès 2012.

 Texte modifié : Un débat national sur la transition énergétique sera engagé dès 2012. D’ici la conclusion de ce débat, nous mettrons en place un moratoire sur l’accroissement des capacités nucléaires.

 Amendement n°9 page 16 dernier paragraphe

 Ajouter à la fin du paragraphe :les exportations de technologies nucléaires (y compris le mox) seront interdites sur les pays ou zones à risques.

 

 

Les amendements en question on été déposés et signés par 11 députés, Christophe Caresche (député de Paris), Jean-Paul Chanteguet (député de l’Indre), Pascal Deguilhem (député de Dordogne), Aurélie Filippetti (député de Moselle, secrétaire nationale aux questions énergétiques), Geneviève Gaillard (députée des Deux-Sèvres), Géraud Guibert (animateur du pôle écologique), Jean Launay (député du Lot), Philippe Martin (député du Gers), Pierre-Alain Muet (député du Rhône), Philippe Plisson (député de la Gironde), Philippe Tourtelier (député d’Ille-et-Vilaine) et Laurence Rossignol (secrétaire nationale à l’environnement).

 

 

 

Par Christophe Caresche - Publié dans : Ecologie
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Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 19:14

PARIS - Plusieurs députés de l'opposition, dont François de Rugy (Verts) et Christophe Caresche (PS), ont voulu mercredi "sonner" l'alerte contre des mesures du projet de loi "Grenelle 2" qui visent, selon eux, à "rendre impossible le développement de l'énergie éolienne".
 
Ces députés, membres d'un groupe d'action parlementaire pour l'écologie, ont accusé "un groupe de députés de la majorité" réunis autour de Patrick Ollier (UMP), président des Affaires économiques, de "rendre impossible un développement de l'éolien" en France en ayant fait adopter plusieurs amendements multipliant les obstacles juridiques et administratifs.
 
"C'est une ambition écologique que l'on abandonne", ont souligné François de Rugy et Noël Mamère (Verts), et Christophe Caresche et Philippe Plisson (PS).
 
A l'horizon 2020, selon le Grenelle de l'environnement, l'éolien doit représenter un quart de l'objectif de 23% des énergies renouvelables à l'horizon 2020.
 
Selon M. de Rugy, la nouvelle réglementation qui pourrait être prise à l'issue du vote du Grenelle 2 pourrait empêcher plus de 70% des projets actuellement en cours d'instruction.
 
"Le productivisme cher à Sarkozy a repris le pouvoir!", a lancé M. Plisson. Il a accusé le ministre Jean-Louis Borloo de "lâcheté" pour avoir envoyé, à sa place, en commission, son secrétaire d'Etat au logement, Benoist Apparu, "pour ne pas avoir à cautionner les mesures anti-éoliennes".
 
Selon ces députés, la filière éolienne emploie d'ores et déjà 10.000 personnes, un chiffre qui pourrait être multiplié par 6 en 2020 si le développement prévu de cette énergie n'est pas entravé.
 
L'objectif du Grenelle de l'environnement (10% d'électricité issue du vent en 2020 contre 1,5% actuellement) nécessitera un total de 9.000 éoliennes, contre 3.000 environ actuellement.
 
Le projet de loi Grenelle 2 sera examiné en séance plénière à l'Assemblée à partir du 4 mai.
 
(©AFP / 28 avril 2010)

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Vendredi 2 avril 2010 5 02 /04 /Avr /2010 15:57

eolienne-off-shorePARIS - Le député PS Christophe Caresche a réclamé jeudi l'audition à l'Assemblée nationale d'une délégation des 400 chercheurs signataires de la pétition contre les thèses de l'ancien ministre Claude Allègre sur le réchauffement climatique.

"Plus de 400 chercheurs viennent de signer une pétition dénonçant l'absence de rigueur scientifique de ceux qui mettent en cause les travaux sur l'origine du réchauffement climatique", déclare l'élu de Paris dans un communiqué.

"Cette pétition témoigne de l'indignation de la communauté scientifique face au dénigrement et aux caricatures auxquels se livrent régulièrement Claude Allègre et quelques uns de ses amis", ajoute-t-il.

"Les autorités publiques se doivent de répondre à cet appel afin de restaurer les conditions d'un débat scientifiquement rigoureux sur le climat", souligne M. Caresche, qui réclame une audition publique d'une délégation de ces chercheurs par la commission du Développement durable.

Environ 400 climatologues, mécontents des attaques portées contre eux par Claude Allègre, ont demandé une prise de position de la ministre de la Recherche Valérie Pécresse, qui leur a accordé un soutien politique tout en demandant à l'Académie des Sciences de trancher sur le fond.

(©AFP / 01 avril 2010 16h49)  

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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /Déc /2009 12:48

invite-CC-Copenhag1[2]

C'est aujourd'hui que s'ouvre le sommet de l'ONU sur le climat à Copenhague. Jusqu'au 18 décembre, les chefs d'Etat et représentants de 192 pays tenteront de trouver un accord sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour lutter contre le réchauffement climatique.
Christophe Caresche vous invite à une 
conférence débat sur COPENHAGUE
Quels enjeux ? Quels résultats ?
avec Sandrine Mathy, présidente du Réseau action climat et Agnès Sinaï, journaliste au Monde diplomatique, documentaliste.
Mercredi 9 décembre à 21h
Studio 28, 10 rue Tholozé à Paris 18e.
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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /Oct /2009 12:40
Le 23 septembre dernier était annoncée la création du groupe d'Action Parlementaire pour l'écologie, regroupant les députés verts et des députés socialistes, en particulier les membres du Pôle écologique du PS. Cette initiative inédite, que j'ai coordonnée avec François de Rugy, député vert, visait notamment à élaborer des positions communes sur les projets de loi touchant l'écologie et le développement durable.

C'est dans ce cadre que le GAP s'est saisi des articles 5 et 6 du projet de loi de finance 2010 qui prévoient la mise en place de la Taxe carbone. Ce travail a abouti à la rédaction de 5 amendements qui ont été déposés et défendus devant la commission des finances.

Ils visent à améliorer sensiblement le dispositif présenté par le gouvernement sur trois points:

- la progressivité ; il s'agit de prévoir dès aujourd'hui une augmentation régulière du prix du carbone afin de parvenir à 100 euros la tonne en 2030, comme le propose le rapport Rocard

- l'assiette ; il s'agit d'inclure l'électricité et les carburants de l'aviation dans le champ couvert par la taxe.

- la redistribution ; il n'est pas juste que celle-ci ne tienne pas compte du niveau de revenu des ménages. C'est pourquoi Le GAP propose d'écarter les plus hauts revenus de la compensation au bénéfice des autres français.

Le groupe socialiste a finalement décidé de reprendre ces amendements à son compte, ce dont je me félicite.

Les amendements seront donc défendus en séance, conjointement, par les 3 députés verts et le groupe socialiste.

François de Rugy est déjà intervenu le 19 octobre dernier dans la discussion générale, avant l'examen article par article du projet de budget 2010.

S'ils étaient adoptés par la majorité, ces amendements modifieraient en profondeur la proposition gouvernementale, ce qui pourrait donc permettre un vote favorable sur les articles 5 et 6.

La majorité est désormais au pied du mur : son président de groupe, Jean-François Coppé qui a manifesté à plusieurs reprises sa volonté de discussion sur ce sujet, a la possibilité, avec ces amendements, de concrétiser cet esprit de dialogue.

La crise écologique impose la recherche d'une efficacité accrue dans l'élaboration de solutions.

C'est pourquoi le GAP poursuivra son action afin de peser de plus en plus sur les projets de loi en débat.

Le prochain rendez-vous sera le Grenelle II.

 

Les amendements ont été signés par Christophe Caresche(PS), Jean-Michel Clément(PS), Yves Cochet(Les Verts), Aurélie Filippetti(PS), Geneviève Gaillard(PS), Jean Launay(PS), Jean-Marie Le Guen(PS), Noël Mamère(Les Verts), Arnaud Montebourg(PS), Pierre Alain Muet(PS), Philippe Plisson (PS) et François de Rugy( Les Verts).

Par Christophe Caresche - Publié dans : Ecologie
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Jeudi 10 septembre 2009 4 10 /09 /Sep /2009 14:52

cheque-vertDes députés et dirigeants du PS, des Verts et d'Europe écologie se sont réunis pour publier un texte à propos de la taxe carbone

«Nous n'avons le choix qu'entre les changements que nous aurons su vouloir et accomplir et ceux qui nous seront imposés», disait Jean Monnet. La prise de conscience de ce que représente le défi climatique pour l'avenir de nos sociétés et des efforts qu'il faudra accomplir pour le relever progresse. L'idée que l'inaction finira par coûter plus cher économiquement et socialement que l'action fait son chemin. Mais, dès lors qu'il s'agit d'envisager concrètement une mesure mettant à contribution chacun d'entre nous, les résistances et les oppositions se dressent.

L'irruption du débat sur la contribution climat énergie (CCE) [dite encore taxe carbone, ndlr] en cette rentrée politique en est l'illustration. Au-delà de la question du prix de la tonne de carbone, et de celle des modalités de redistribution, de quoi s'agit-il ? Rien de moins que de choisir d'avancer vers la transformation écologique de notre économie et de notre société. Il y a vingt ans déjà, à la veille du premier sommet de la terre à Rio, un premier projet de taxe carbone, d'envergure européenne, a échoué, victime des égoïsmes nationaux. Aujourd'hui, c'est la démagogie antifiscale qui risque de disqualifier la possibilité de construire un consensus national autour de ce qui peut constituer une avancée majeure dans la voie de la responsabilité collective.

Si rien n'est fait pour limiter, maintenant, la dépendance de notre société et de notre économie à l'égard du carbone, alors, soyons en certains, comme Cécile Duflot le déclarait à La Rochelle, «demain, ce seront les prolos qui paieront la facture la plus lourde». Nos sociétés n'ont plus le choix ; soit elles prennent dès maintenant des mesures, certes contraignantes mais solidaires, pour faire face aux chocs climatique et énergétique, soit elles les subiront demain dans l'improvisation et l'injustice. Tel est l'enjeu de la création de la CCE : permettre à chacun d'adapter progressivement son comportement et ses modes de consommation.

Pour être efficace, socialement et environnementalement, la CCE doit remplir trois conditions que le gouvernement ne semble malheureusement pas disposé à mettre en œuvre. Le périmètre de cette contribution doit inclure le secteur de l'électricité et pas seulement celui des énergies fossiles. Pour deux raisons : une partie de notre électricité est produite par des centrales thermiques, et il n'est pas souhaitable d'encourager le coûteux chauffage électrique. L'objectif de la CCE ne peut se réduire à une taxe carbone qui privilégie une énergie par rapport aux autres mais doit favoriser les économies d'énergie.

Le «signal prix» doit être suffisamment clair pour modifier les comportements. Cela signifie qu'à moins de 32 euros la tonne de carbone, niveau proposé par la commission Rocard, il est peu vraisemblable que cette contribution ait un impact significatif, la hausse du prix de l'énergie n'étant pas suffisamment sensible pour que les utilisateurs modifient leur consommation. Il faut fixer un prix adapté dès la création de la contribution et qui augmente progressivement avec les années.

Enfin, il faut que la CCE ne pénalise pas les ménages les plus modestes ou les plus contraints, comme les habitants des zones rurales et les entreprises qui n'ont pas le choix, pour le moment, de leurs modes de transport ou de chauffage. La condition de l'acceptabilité de la CCE est qu'elle ne contribue pas à creuser les inégalités. Cela signifie que l'intégralité du produit de cette contribution devra être reversée aux ménages et aux entreprises qui la payeront. La CCE n'est pas un impôt supplémentaire destiné à dégager des ressources nouvelles. Elle est une incitation à changer de comportement. Plusieurs mécanismes redistributifs ont été évoqués. Le plus simple et le plus lisible consiste à reverser aux ménages et aux entreprises de la manière la plus égalitaire possible le produit de cette taxe sous la forme d'un chèque vert. C'est précisément ce qui permet à chacun d'accompagner financièrement les changements de comportement et de récompenser ceux qui font le plus d'efforts en la matière. D'autres mesures plus ciblées sont envisageables, notamment pour les zones les moins bien desservies par les transports en commun.

Au-delà de ces mesures, cette contribution doit être incluse dans un «paquet énergie climat» d'ensemble, prévoyant une contribution supplémentaire des compagnies pétrolières et des grands groupes énergétiques qui font des bénéfices, et un plan d'action en faveur des transports en commun, du covoiturage et de l'isolation des logements. En effet, il importe que notre pays s'engage vers la sortie du pétrole et invente les dispositifs d'accompagnement de tous dans la transition énergétique et écologique. Sans cette perspective, la contribution climat énergie risque, faute d'un sens commun et d'une portée collective, de n'être qu'un coup d'épée dans l'eau. Face à la responsabilité qui est la nôtre à l'égard des générations futures nous n'avons pas le droit de rater sa création.

Les députés verts : Yves Cochet (Paris), François de Rugy (Loire-Atlantique) et Noël Mamère (Gironde). Les députés européens d'Europe Ecologie : Sandrine Bélier, Pascal Canfin, Yannick Jadot. Les députés et animateurs du Pôle écologique du Parti socialiste : Christophe Caresche (Paris), Pascal Deguilhem (Dordogne), Geneviève Gaillard (Deux-Sèvres), Géraud Guibert, Jean Launay (Lot), Eric Loiselet, Philippe Plisson (Gironde), Philippe Tourtelier (Ille-et-Vilaine).

Paru dans libération, le 10 septembre dernier.

Par Christophe Caresche - Publié dans : Ecologie
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